Recherche : Une étude d’une psychologue clinicienne du CHU d’Orléans publiée dans la prestigieuse revue Supportive Care in Cancer

Yasmine Chemrouk, PhD psychologue clinicienne au CHU d'Orléans, et ses coauteurs ont récemment publié un article de rang A dans la revue internationale de référence Supportive Care in Cancer, consacrée à l'évolution du deuil après la perte d'un conjoint des suites d'un cancer.

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Comment les personnes endeuillées racontent-elles leur expérience au fil du temps ? Les récits diffèrent-ils selon le genre ? Et quel rôle joue la communication autour des soins palliatifs et de la sédation en fin de vie dans la manière de vivre le deuil ?

Pour répondre à ces questions, les chercheurs ont mené une étude qualitative longitudinale auprès de 22 conjoints endeuillés, 12 hommes et 10 femmes. Les participants ont été interrogés à trois reprises, trois, six et douze mois après le décès de leur partenaire.

Les résultats mettent en évidence des différences dans la manière de raconter et de traverser le deuil au sein de cet échantillon. Au début du suivi, les femmes évoquaient plus souvent les derniers moments de vie à travers des souvenirs sensoriels et émotionnels, en les replaçant dans l’histoire du couple et de la famille. Les hommes adoptaient plus fréquemment un récit factuel, centré sur les aspects médicaux et pratiques.

Au fil des mois, les récits évoluaient également : les femmes exprimaient davantage de vulnérabilité émotionnelle et abordaient l’avenir avec prudence, tandis que les hommes évoquaient plus souvent la reprise des activités sociales et des projets personnels. Ces tendances ne sont toutefois pas systématiques et ne constituent pas des trajectoires universelles du deuil.

Un autre enseignement important concerne la communication en fin de vie. La qualité des échanges avec les équipes soignantes et la clarté des informations données sur les pratiques de sédation jouent un rôle dans la manière dont les conjoints comprennent et intègrent les circonstances du décès.

Ces travaux soulignent ainsi l’importance d’un accompagnement du deuil adapté à chaque personne, attentif à son vécu émotionnel, relationnel et social.

Félicitations à Yasmine Chemrouk et à l’ensemble des coauteurs pour cette publication qui contribue à approfondir les connaissances sur le deuil conjugal dans le contexte des soins palliatifs.