L’essai EVERDAC (Early Versus Deferred Arterial Catheterization In Critically Ill Patients with Acute Circulatory Failure) s’est intéressé à une question simple : faut-il vraiment poser systématiquement un cathéter artériel (dispositif invasif de mesure continue de la pression artérielle) chez les patients en état de choc ?
Pourquoi cette question ? En réanimation, la mesure de la pression artérielle est un geste quotidien. Traditionnellement, les patients en état de choc – c’est-à-dire présentant une défaillance circulatoire grave – sont monitorés de manière invasive : un petit cathéter est placé dans une artère, généralement au poignet, afin de mesurer la pression en continu. Cette technique est continue et précise, mais elle n’est pas sans risques : hématomes, infections, douleurs et même anémie liée aux prélèvements répétés.
Depuis plusieurs années, les appareils automatiques de mesure de la pression artérielle par brassard se sont perfectionnés, au point de se demander si ces dispositifs non invasifs pourraient remplacer le cathéter artériel dans certaines situations.
Afin de répondre à cette interrogation, l’étude EVERDAC a été conduite entre 2018 et 2022, sur 1010 patients hospitalisés en réanimation, présentant un état de choc, au sein des 9 centres français participant à l’étude. Après tirage au sort, les patients ont reçu soit un monitorage non invasif (brassard au bras), soit invasif (avec cathéter artériel). Le principal critère de jugement était la mortalité à 28 jours.
Au regard des résultats complets de l’étude ce qu’il faut retenir de l’étude EVERDAC est qu’elle démontre qu’il est possible de soigner efficacement un patient en état de choc sans recourir systématiquement à un cathéter artériel, dès lors que la pression artérielle est correctement suivie par un appareil automatisé et que des critères de sécurité sont respectés.
Ces résultats pourraient faire évoluer les recommandations internationales et permettre de limiter les gestes invasifs, sources d’inconfort et de complications. Cette étude a été financée en 2017 au titre du Programme Hospitalier de Recherche Clinique (PHRC-N, ministère de la Santé).