La vie au CHU, Recherche : La recherche paramédicale en médecine nucléaire récompensée aux trophées de l’AFTMN 2026

Le 21 mars dernier, lors de la clôture des 45èmes journées d’études et de formation de l’Association Française des Techniciens en Médecine Nucléaire (AFTMN), Adeline Frat, manipulatrice radio au sein du service de médecine nucléaire du CHU d’Orléans, a reçu le premier prix aux trophées AFTMN – CURIUM. Une récompense saluant les travaux d’une année par la mise en place d’une étude portant sur le « concret » du parcours patient lors de son examen de TEP-scan au 18F-FDG.

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Intitulée « Faut-il encore imposer le repos strict en TEP au 18F-FDG ? Résultats intermédiaires de l’étude de non-infériorité randomisée contrôlée (MOBITEP) », l’étude en cours conçue par Adeline Frat est née d’une observation sur le terrain et questionnée en équipe. Pour certains examens effectués au TEP scan, il est préconisé au patient d’être placé au repos strict dans un box, en pénombre, durant une heure, après avoir reçu son injection de 18F-FDG, un traceur radiopharmaceutique à base de glucose qui va se fixer prioritairement dans l’organisme dans les cellules consommatrices de sucre. Cette fixation sur les tissus lésés ou malades apparaitra d’autant mieux sur les imageries réalisées au TEP-scan. Mais cette phase du repos strict est-elle vraiment obligatoire ? Contraignante pour un patient déjà stressé de passer un examen investiguant l’évolution de son cancer, elle embolise aussi durant une heure des espaces du service qui pourraient évoluer dans leur usage.

Adeline Frat pose la question directement à son chef de service, le Professeur Matthieu Bailly, qui non seulement lui répond qu’aucune recommandation précise ni étude n’existe sur cette pratique de repos strict mais mieux, il conforte Adeline d’en faire le sujet d’une étude. Et ainsi débute l’aventure, dans un service de médecine où la culture de la recherche est bien ancrée. Adeline Frat s’entoure de deux manipulatrices du service, formées pour l’inclusion des patients dans l’étude. Novice dans la conduite très codifiée d’une étude clinique, Adeline a pu être épaulée par la Direction de la Recherche et de l’Innovation du CHU et de sa DRCI (Délégation à la Recherche Clinique et à l’Innovation), mais aussi par Guillaume Fossat, Kinésithérapeute en Médecine Intensive et Réanimation au CHU, déjà auteur de publications primées.

En une année écoulée, depuis le premier patient inclus dans l’étude le 30 avril 2025, et avec aujourd’hui près de la totalité des patients inclus soit 284, les premiers résultats obtenus confortent les hypothèses émises, à savoir le peu d’apport qualitatif du repos strict avant l’examen de TEP.

Avant de pouvoir partager les fruits de l’étude à la communauté des techniciens en médecine nucléaires par la publication en revue, Adeline Frat peut savourer ce premier prix mérité qui récompense à travers elle toute une équipe tournée vers l’innovation et la recherche pour une meilleure prise en charge de leurs patients